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Ranomafana (= eau chaude)

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Nuit plutôt pas trop mauvaise malgré la dureté du matelas. Ou plutôt la souplesse de la mousse qui a fait que l’on a plutôt dormi sur le sommier.

En tout cas objectif Ranomafana. On doit être à la gare de taxi brousse à 7h tapante, on s’y dirige donc pour ne pas être en retard.

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A croire que l’on a toujours pas compris le fameux « mora mora » local (comprendre on vit doucement sans se presse ni se stresser à, puisque le taxi ne partira finalement pas avant 9h. Ceci dit l’attente dans la gare (en fait un terrain vague avec beaucoup de camionnettes) nous aura appris plusieurs choses. Tout d’abord qu’une banane coute 50A. En effet une des choses les plus difficiles ici est de connaître le véritable prix des denrées. Si certaines choses, comme l’artisanat, les pierres… n’ont pas vraiment de prix fixé, il n’en ait pas de même pour les aliments de consommation courante. Et ne connaissant pas la valeur des biens on se fait sans cesse avoir. En effet, qui eut cru qu’une banane coutait 2 centimes d’euros ? Quand on pense qu’en France on ne sait pas quoi faire de nos pièces de 1 et 5 centimes et qu’on finit par les empiler dans une vieille boite jusqu’à oublier leur existence…

On a également compris que la prostitution existait  et était un fait courant. Un chauffeur de taxi-brousse a abordé une jeune fille (probablement mineure) sur le parking en lui montrant une liasse de billets. La négociation a un peu duré avant que la fille monte dans la voiture et qu’on ne la revoie plus avant notre départ.

Nous avons réservé la veille notre billet pour faire Ranomafana – Manakara, car il n’y a pas de gare à Ranomafana. Un acompte de 50 % avait été versé. Finalement, le gérant de la coopération nous demande de régler aussi les 50% restant, pour pouvoir acheter du carburant pour partir. On lui donne donc avec méfiance (même si on a pu constater jusqu’à présent que les Malgaches sont très honnêtes. Les négociations sont toujours un peu astreignantes, mais une fois le prix convenu je n’ai jamais vu aucun malgache revenir sur ses propos n’y essayer d’arnaquer en rendant la monnaie. Même lorsqu’ils n’en ont pas sur eux, ils partent en courant pour aller en chercher et reviennent avec la somme due).

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Toujours est-il que l’on finit par partir, toujours 4 par rangée, et toujours dans un confort tout relatif… mais correct. Le trajet est assez rapide et la route superbe. On passe des rizières aux grandes forêts tropicales humides pour enfin arriver à destination. Bizarrement lorsque l’on arrive on ne se fait pas sauter dessus de toute part. Bien que le village soit touristique, on peut se promener sereinement.

Nous avons prévu de dormir chez Jocelyn, un malgache que nous avons rencontré sur le site de couchsurfing (pour ceux qui ne connaissent pas, on s’inscrit à une communauté au sein de laquelle on peut être hébergé chez des gens partout dans le monde. Et réciproquement, en s’inscrivant, nous acceptons de recevoir des gens chez nous. Nous avons déjà accueilli en France un couple finlando-autrichien – moyen sympas – et deux sud coréennes super géniales.)

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On rejoint donc Jocelyn sur son lieu de travail, un cyber café, financé à l’aide de crédits américains dans le cadre d’un partenariat, où la connexion 128 kbits coute plus cher qu’en France. Rapporté au niveau de vie du pays, il en faut des clients, pour rentabiliser l’investissement ! Heureusement qu’il y a des Vazahas. Malgré cela, il n’arrive pas réellement à rentrer dans ses frais et vend donc beaucoup d’accessoires informatiques pour s’en sortir.
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Il nous donne les clés de chez lui et appelle un ami à lui, qu’il considère comme son frère, pour qu’il nous y conduise. Jeannot, la quarantaine, nous emmène d’abord dans sa petite maison, juste à côté de chez Jocelyn, avant de continuer. Là, on est un peu interloqués. Il vit avec sa femme et ses trois enfants (Minerva, Johan et Judith-Cael) dans une petite maisonnette de deux pièces, qui ne doit pas faire plus de 20m2. C’est joliment arrangé, il y a un petit salon avec des fauteuils, une table basse, une armoire et une chambre avec un lit double et une télé. Quid de la cuisine et de la salle de bain ? Dans le jardinet au milieu des lapins, poules et coqs. La cuisine est une petite cabane avec un petit poêlon et les WC sont dans une autre cabane, juste derrière, avec un trou et deux parpaings pour poser les pieds façon WC turcs. Pas de douche, et surtout, pas d’eau courante. Confort très rudimentaire. Mais c’est pas grave, ce n’est pas là qu’on dort !

On continue la rue sur quelques mètres, et arrivons chez Jocelyn. Il habite dans les combles d’une maison inhabitée. On y accède par une espèce d’escalier / échelle, en soulevant une trappe,

Nouvelle découverte : ici, il n’y a ni eau courante, ni douche, ni WC… et c’est là qu’on dort ! Ceci dit, il y a un peu plus d’espace que chez Jeannot, même si on est sous les combles et que je ne tiens pas debout. L’espace est séparé en deux pièces à l’aide d’un rideau : d’un côté, la chambre de Jocelyn, avec un lit, une table de chevet et un ordinateur qu’il a construit pièce par pièce depuis plusieurs mois ; de l’autre, un matelas où nous dormirons et des nattes tressées en guise de tapis. Le sac à viande va nous être bien utile. Cependant tout est bien propre, bien rangé et bien tenu.

On pose donc nos affaires et Jeannot se propose de nous amener à la piscine d’eau chaude naturelle de la ville. Ranomafana veut dire « eau chaude » en malgache. C’était une ville thermale du temps de la colonisation.

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Cela nous permet de nous promener dans le village et nous sommes conquis. Un petit village charmant au milieu de la forêt tropicale, entre bananiers et palmiers en tous genres, un soleil radieux, une piscine… Il ne nous en fallait pas plus pour être heureux.

On traverse un petit pont de bois en dessous d’un fantôme de pont en fer dévasté par un cyclone. Et nous voilà devant la piscine. 5000 AR pour les Vazahas, 1000 pour les locaux. L’eau vient d’être changée. On se glisse dans ce beau liquide et c’est formidable : juste la température idéale ; environ 30°C je pense. On a même du mal à prendre la douche tellement l’eau est chaude.

On y reste un bon moment, le lieu a l’air bien fréquenté, plutôt par la haute société a priori, ou par les touristes.

Après avoir mangé pour 5000Ar à deux dans une bonne petite gargote, du zébu en sauce avec une platée de riz assez moyen, on s’en va faire une ballade dans la forêt. On s’était renseigné avant, on peut y aller seuls, il n’y a rien de dangereux : les serpents hibernent, les scorpions sont sous les pierres et les araignées discrètes (on avait d’ailleurs appris des enfants de Fiana que les araignées concassées soignaient la toux).

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Nous voila donc partis pour notre périple, à la recherche de lémuriens. La forêt est splendide, de beaux cours d’eau, des bananiers partout. Quelques petites maisons complètement perdues au milieu de mini rizières, porcheries, où circulent librement poules, canards et coqs comme dans tous les villages que nous traversons. Aucun danger donc. Je me retourne pour voir où en est Laure. Et là, derrière elle, avançant à toute allure, je vois un Malgache torve, avec une énorme machette à la main. Voilà, on va finir dans une marmite, trois jours après être arrivés. Je demande à Laure d’avancer plus rapidement. Bien sûr, elle n’a rien vu, et m’engueule : « ça va, on n’est pas pressés, je vais à mon rythme ! ».

Je la rejoins donc, m’arrête et préfère affronter le danger de face. J’attends l’ennemi. Avant de tenter une quelconque défense (ou fuite) je lui lance un « salama »… et là…  grand sourire ! Il nous répond ! Il ne parle pas un mot de français mais n’a pas l’air bien méchant. Tentant d’établir un contact amical et égalitaire, je lui demande s’il va chercher des bananes. Il ne comprend pas, mais répète, « bananes », en ayant l’air d’acquiescer. Je le laisse passer devant nous. On continue donc, et 15 minutes plus tard, nous croisons à nouveau l’homme à la machette. Il nous attendait gentiment à un croisement, avec un panier entier de bananes bien mûres. On lui sourit et on dit bêtement : « Ah ! Bananes ! », persuadés qu’il nous montre sa récolte du jour, puis nous partons.

En fait, on comprendra plus tard qu’il était allé chercher des bananes spécialement pour nous, croyant qu’on voulait en acheter. En effet, les bananes se cueillent bien vertes, et murissent ensuite sur les étals, sans quoi elles seraient immangeables !

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Nous rentrons tranquillement, et croisons des enfants courant pieds nus dans les bois, et portant des bébés sur leur dos !

Le soir venu, Jeannot nous invite à boire l’apéro chez lui : rhum + beignets de manioc au gingembre. En retour, on l’invite au resto avec Jocelyn. Puis on rentre dans notre grenier. Jocelyn nous montre toutes ses photos de famille, nous fait écouter de la musique, nous montre toutes les vidéos de Madagascar qu’il a pu récupérer. Intéressant, mais on est crevés ! Laure ne fait pas long feu. Je ne tarde pas à la rejoindre, pour être au mieux de ma forme pour visiter le parc le lendemain. Au milieu de cet emploi du temps chargé, Jeannot avait quand même réussi à nous mettre en contact avec un guide.

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